soins palliatifs

Politique sanitaire vaudoise

« Le développement des soins palliatifs en Europe et en Amérique du Nord ces trente dernières années s’explique par la combinaison de trois phénomènes :

  • l’augmentation de la prévalence des maladies chroniques, évolutives à la faveur du vieillissement de la population
  • la remise en cause de l’hôpital comme lieu de décès ;
  • le développement considérable des possibilités offertes par les soins palliatifs pour assurer le confort et la qualité de vie des malades souffrant d’une affection chronique ou évolutive. » (2)

Dans le canton de Vaud, en 1994, puis 1999, le député Michel Glardon et consorts demandaient par la voie d’un postulat la poursuite du développement des soins palliatifs. Le Service de la santé publique et les Hospices cantonaux confièrent le mandat à l’institut universitaire de médecine sociale et préventive de Lausanne (1): élaborer des propositions pour l’organisation des soins palliatifs dans la canton afin d’en favoriser leur accessibilité.

Sur la base de ces travaux, un exposé des motifs et projet de décret instituant un programme cantonal de développement des soins palliatifs a été proposé au Grand Conseil, qui l’a accepté le 25 juin 2002. Ce programme définit trois niveaux d’organisation en réponse à des besoins de complexité croissante :


Niveau I : Soins palliatifs de base
Réponse de base aux besoins courants en matière d’antalgie et de traitement des autres symptômes de maladies chroniques évolutives, pour des patients relativement stables, pris en charge ambulatoirement ou à leur lieu de vie, non limitée dans le temps en engageant les ressources de première ligne (médecins traitants, CMS, médecins et personnel d’EMS).

Niveau II : Soins palliatifs spécialisés
Réponse aux besoins de patients nécessitant un renforcement de la prise en charge en raison de la compexité de leur cas ou de passage par une phase subaiguë ou aiguë, apportée au lieu de vie lorsque le patient le souhaite et dispose d’un environnement adéquat, ou en milieu institutionnel.

Niveau III : Soins palliatifs de niveau universitaire
Réponse aux besoins complexes et/ou aigus dépassant les compétences de niveau II, avec la mise à disposition de ressources spécialisées pour les besoins de l’ensemble du canton. Une mission de formation et de recherche est également assumée à ce niveau.

Ses objectifs visent à :

  • améliorer l’offre de soins palliatifs de manière à assurer la couverture des besoins de la population vaudoise ;
  • assurer à tout soignant professionnel une formation lui permettant d’identifier les besoins en soins palliatifs et d’assurer une orientation appropriée des patients ;
  • améliorer, dans le cadre des réseaux, la continuité des soins par une collaboration accrue des partenaires professionnels et institutionnels ;
  • informer le public des possibilités et des ressources à disposition en matière de soins palliatifs.

Ses actions prioritaires sont les suivantes :

  • mise sur pied des équipes mobiles /antennes téléphoniques ;
  • renforcement de la formation des soignants professionnels ;
  • création de la chaire universitaire de soins palliatifs ;
  • développement progressif des possibilités d’hospitalisation à domicile.

Les équipes mobiles de soins palliatifs (EMSP)
« La réflexion sur les soins palliatifs a trouvé un nouvel élan par la mise en place des réseaux de soins. En effet, le caractère transversal et interdisciplinaire des soins palliatifs s’inscrit idéalement parmi les projets de coordination et de continuité des soins.»
« L’EMSP est une équipe interdisciplinaire offrant des prestations d’évaluation, de conseil, de supervision, ou d’orientation. Elle intervient sur demande des professionnels de première ligne et leur offre un appui spécialisé. »
« L’EMSP travaille en collaboration avec les intervenants de première ligne, mais ne se substitue pas à eux. »(2)
Actuellement les quatre EMSP prévues sont fonctionnelles. L’EMSP de l’Ouest (réseau ARC) est rattachée à l’unité de soins palliatifs de l’hôpital d’Aubonne, celle du Centre (réseau ARCOS) est rattachée à la division de soins palliatifs du CHUV. L’EMSP du Nord est rattachée au CTR d’Orbe (réseau Aroval-Renova).
Pour l’Est, l’EMSP est directement rattachée aux réseaux ASCOR et FSC (Riviera-Chablais). Cette équipe est constituée de professionnels (médecins, infirmiers, aumônier, assistante sociale et psychothérapeute) oeuvrant au sein d’institutions de la région ayant une mission de soins palliatifs (Rive-Neuve, Mottex et St. Amé). Une collaboration fructueuse avec la Fondation Rive-Neuve permet, entre autre, d’assurer une antenne téléphonique 24/24h, de même qu’une formation d’introduction aux soins palliatifs proposée dans 5 EMS, qui se sont engagés à développer une approche palliative. Enfin un projet de centre de jour en soins palliatifs est actuellement à l’étude, dans le cadre de la construction de Rive-Neuve II à Blonay(3).

Un tel centre permettrait d’offrir :

  • un soutien tant thérapeutique que psychologique aux personnes malades ;
  • une pause et un soutien à leur entourage ;
  • la possibilité pour les professionnels de disposer d’un soutien et de conseils.

Chaire de soins palliatifs Unil (4)
Le professeur José luis Pereira a été nommé professeur de SP à Lausanne (80%) et Genève (20%). Il s’agit de la première chaire de SP en Suisse. Elle aura pour incidence première la formation médicale et la recherche ainsi que la réalisation (enfin !) de lits « A » palliatifs au CHUV.


Références :

  1. « Organisation des soins palliatifs dans le canton de Vaud » IUMSP, Delphine Renard et alii, 2001
  2. « Programme cantonal de développement des soins palliatifs » SSP, 2003
  3. « CJ en soins palliatifs: étude des besoins auprès des professionnels de l’Est vaudois ». Antoinette Genton, Unil, 06.2002
  4. Unil: université de Lausanne s’efforcent de préserver la meilleure qualité de vie possible jusqu’au décès et proposent un soutien aux proches en deuil. Ils s’emploient par leur pratique clinique, leur enseignement et leurs travaux de recherche, à ce que ces principes puissent être appliqués.