la maison
ORIGINE
« Il y a vingt ans, en 1976, le Professeur Louis-Samuel Prod’hom, alors directeur médical du CHUV, mandatait un groupe de travail pour étudier la possibilité de créer une unité de soins palliatifs, à l’exemple d’initiatives observées dans d’autres pays, notamment en Angleterre. Le Dr Laurent Barrelet et M. Paul Beck, infirmier, faisaient partie de ce groupe1. Leur proposition de consacrer huit lits aux soins palliatifs fut alors rejetée par le collège des chefs de service du CHUV qui estimèrent que « chaque équipe doit assumer jusqu’à la mort la vie d’un patient hospitalisé ». Cependant les principaux initiateurs du projet ne désarment pas. Ils continuent leurs travaux et une nouvelle initiative est soumise au Service de la santé publique en 1985. Le projet est alors renvoyé au CHUV, les coûts d’une unité hors ses murs étant considérés comme prohibitifs.
Il est alors envisagé de réaffecter un pavillon de la cité hospitalière à cette mission, mais les délais de réalisation – 1993 – semblent par trop lointains2. Naît alors l’idée d’une démarche privée, à laquelle le Service de la Santé publique donne son accord. C’est ainsi qu’en 1988 la Fondation Rive-Neuve ouvre ses portes à Villeneuve, sous l’impulsion principale de Paul Beck, qui en fut l’infirmier-directeur.
La volonté d’alors était de mettre à disposition un lieu de soins spécialisés et également un lieu de formation pour les professionnels confrontés à la fin de la vie dans les différents établissements sanitaires. Le mouvement des soins palliatifs dans notre canton était né3.
« Reconnaître l’opportunité de Rive-Neuve n’est donc pas une erreur, ni un changement de politique mais c’est reconnaître un moment de l’histoire où cette activité s’impose. Cependant, Charles Kleiber part du principe que cette initiative isolée doit rester isolée, puisque sa fonction est de transformer les institutions. Adopter une attitude pédagogique est une manière d’améliorer les conditions du mourir dans les hôpitaux vaudois. Pour la Santé publique, c’est la seule raison d’être de l’initiative de Rive-Neuve : ce lieu, par sa simple existence, doit montrer aux autres institutions qu’un fonctionnement différent est possible.4 »
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1. « Les soins hospitaliers du malade en fin de vie. Etude comparative d’institutions suisses et étrangères », L. Barrelet, P. Beck et al. Revue médicale de Suisse Romande, 103, 1983.
2. « Projet-pilote d’unité de soins palliatifs, Pavillon IV », P. Beck, rapport pour la DG CHUV, février 1987.
3. « Rapport du Conseil d’Etat au Grand Conseil sur la motion Michel Glardon et consorts demandant au Conseil d’Etat de présenter un concept d’organisation de la médecine de la fin de vie et notamment de la formation en soins palliatifs », 276, IX 1997, Lausanne.
4. « Mourir vivant: étude de la mise sur pied d’une unité de soins palliatifs: Rive-Neuve », I.Loup, mémoire présenté à l’Ecole d’études sociales et pédagogiques de Lausanne, février 1988, pp.72-73.
