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clins d’oeil
A la cuisine
A la cuisine, les deux seigneurs, l’auguste et le clown blanc,
Le même talent, chacun son style
Mais toujours la même tendresse
Que l’on sent au fond de l’assiette
Et qui donne faim aux estomacs blessés.
Les deux Maîtres, l’apprenti et la pâtissière,
Et toujours des bénévoles, services civils ou tigistes,
L’humour toujours règne en maître sur tout ce petit monde,
Le centre concret de la maison, où l’ on s’occupe de la structure.
Le coeur ouvert et le respect des besoins et envies.
Le goût, la vue, l’odorat, la sensation.
Le soin qu’ils mettent à nous nourrir,
Les sourires, les câlins, les chansons, tout ce qu’ils nous offrent est essentiel, à la suite du voyage, quel qu’il soit.
Bon, des fois, ils sont un peu lourds,
Mais leur bonne force tranquille qui sert de base à la maison,
De fondations sur lesquels construire
un ici-maintenant survivable et un avenir où qu’il soit.
Merci donc à vous, la Cuisine, nos estomacs et nos coeurs
Vous crient merci à chaque dessert.
Continuer longtemps de trouver vos étoiles au fond de nos yeux.
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Cyrielle
Notre belle apprentie, si fraîche et si gentille
Outre le plaisir de nos yeux fatigués,
sa vue nous lave l’âme de la vision de la souffrance.
Accepte la critique, s’excusant dignement,
Sauf pour la cigarette, «arrête, on t’a dit!!!!»
Je crois qu’elle continue pour profiter encore
des ces pauses balcon où elle peut raconter
à ses amis d’ici autour du calumet,
Ses amours, ses projets, ses angoisses scolaires,
Ses envies, ses soucis, toutes les choses de la vie.
Toujours disponible, toujours prête à apprendre.
Sur des ordres adéquats, elle en demande encore.
Elle offre des sourires, elle reçoit des cailloux.
Donne son amitié sans compter, sans reprendre.
Merci, petite, merci, pour toute cette douceur,
Cette innocence ouverte qui te rend disponible
Et qui réchauffe si bien les corps et coeurs usés
des vieux et des malades avec qui tu partages
un petit bout de vie dans cet endroit magique.
Bonne route, ma Cyrielle.
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Salut Paul
Salut, mon Paul,
Pas seulement le mien d’ailleurs, disons donc notre Paul à tous.
Le nouveau rivage que tu nous offres tous les jours,
Toi, le créateur d’univers, est une piste d’envol,
Un aéroport dont les stewards sont les anges.
Dans un cadre magique, une énergie, une ambiance,
Un décor, des objets et des livres,
Quoiqu’on ait besoin, on le trouve, ou sinon de quoi l’inventer.
Depuis longtemps je demandais que l’on me donne des professeurs.
Mais je n’étais sûrement pas prête à accepter la soumission.
Je crois que j’ai compris ici qu’elle est confiance.
Je croyais mériter un Maître et j’ai trouvé un «Frère aîné»
Et j’y ai trouvé d’autres sources, Danielle, Pompon, et la chapelle,
Sans compter avec les souffrants, qui deviennent si vite des amis.
Et les gens de l’équipe, bien sûr, enfin tu sais.
Monique m’a dit l’autre jour, que la petite fille en moi
Avait trouvé enfin la joie
Et ce passage s’est fait sans heurts, sans doutes et sans bataille
Normal, il s’est fait chez toi.
Chez toi, je me sens vraiment chez nous.
Je me sens tellement en famille.
Que j’y resterais bien volontiers,
Mais comme dans toutes les familles,
Les enfants doivent ouvrir leurs ailes.
Et aller dans le monde, offrir ce qu’on leur a offert
Chaque départ est une aventure, elle fait peur mais...
Le monde est grand, la tâche est ample.
Tu m’as parlé l’autre jour, des hirondelles
Je reviendrai peut-être au printemps ?
Personne ne m’avait dit qu’en venant ici j’y trouverais tant de choses
Des amis, des gens à aimer, un pur plaisir, une ouverture
Et surtout un apprentissage, un cours intensif d’attention.
Tous ces départs, ce TGV, que les anges ont voulu m’offrir
Comme pour me rassurer dans mes convictions.
Ils m’ont donné divers talents, utilisé mes références
Et m’ont offert d’être canal.
Compliante, je me suis soumise et je préfère nettement leurs effets secondaires aux autres, aux agressions que j’ai beaucoup de peine à intégrer.
L’autre jour, quand Arlette est partie, j’ai eu la Vision
j’étais assise à mon «bureau», les nuages se sont ouverts,
laissant passer la lumière, les rayons du soleil tombaient
comme pour offrir une rampe, un escalier, et petit à petit,
ils sont remontés comme des bras ouverts,
«Viens ma fille, viens, je t’emmène, tu es attendue,»
Et Arlette a décollé.
C’était si beau que j’ai eu envie de la suivre sur ce chemin
Mais il paraît que le monde m’appelle encore une fois.
J’espère être capable de prendre avec, un peu de la bulle de sérénité que j’ai pu former ici.
Les conditions sont plus difficiles, le ressourcement nettement plus compliqué.
Mais nous verrons si l’élan que j’aurai pris ici, m’emmènera au-delà des pièges, de la paresse, de la fatigue, de la souffrance et du découragement, dans lesquels je suis tombé si souvent.
J’ai bon espoir.
Comment gérer ce traitement, comment protéger sans fermer, comment bien poser les limites, comment se créer un espace au-delà du regard des gens, comment servir sans quémander, comment vivre seule et donner.
Autant de défis à relever.
Et puis, si ça va pas, j’appelle, la famille, c’est fait pour ça, et dans les deux sens s’entend, mais ça tu sais.
De tout mon coeur, de toute mon âme, de toute ma peur, de toute ma Foi,
Notre Paul, merci
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A Sylviane
Sylviane,
Notre cheftaine administratrice en soin,
Elle tourne presque autant que moi,
Le téléphone scotché à l’oreille,
elle gère, elle gère en soupirant.
On m’interdit de mentionner
Sa lassitude et sa fatigue,
Mais ses yeux peuvent témoigner
qu’elle assume avec compétence
enfants, fêtes et déménagements.
Elle sacrifie de très bon coeur,
Ses propres envies professionnelles
Il y a de la gestion à faire ?
Elle gestionne donc puisqu’il le faut.
Entrées, sorties, changements, plannings
Elle écoute le monde avec attention
Et trouve toujours une solution.
Que dire de plus ?
Qu’elle a un coeur, un sourire, une sérénité
Qui soutient sans insister,
une telle douceur maternelle
Se dégage de ce personnage
qu’elle donne envie à tous moments
de poser la tête doucement
sur son épaule compatissante.
Voilà, en résumé, il reste à dire
On l’aime, On t’aime, ma p’tite Cheftaine